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Bruno D’Amicis - Tatras occidentales, Slovaquie II

October 31st, 2009 Posted in Eastern Europe, Uncategorized

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Pour les personnes vivant dans les plaines de Slovaquie il y a seulement deux saisons dans les montagnes Tatras : « l’hiver et l’hiver de mer..e ! », Comme le dit un proverbe local. Rien ne pourrait être plus vrai… cela fait déjà une semaine, en fait, que j’explore la région sauvage de la vallée de Ticha et le printemps semble encore bien loin.

Un vent froid souffle presque quotidiennement, rendant impossible de marcher sur les crêtes ou tout simplement de cadrer une image. La nuit, les températures chutent au-dessous du point de congélation et la neige fond seulement dans les endroits les plus ensoleillés. On perçoit bien un retard dans la croissance de la nouvelle herbe, ainsi les brouteurs comme les ours bruns et les cerfs élaphes n’osent pas encore s’aventurer hors de la forêt. Les montagnes ont toujours leur aspect hivernal gris-brun, seuls quelques chamois et quelques pipits peuvent être aperçus au-dessus de la limite forestière. Mais Ticha, c’est beaucoup plus que quelques prairies alpestres et quelques ours.

Imaginez un endroit où il peut pleuvoir ou neiger n’importe quand ; où les avalanches, les chutes de rochers et la foudre peuvent être une menace à n’importe quel moment. Des pentes avec une couverture de pins nains tellement dense que vous ne pouvez pas marcher à travers. Des vallées où vous pouvez randonner la journée entière sans rencontrer personne. Et des milliers d’hectares d’une vieille et belle forêt : des millions d’épicéas, de pins cembro, de frênes, de mélèzes et de sapins. Des forêts, où le bois mort donne naissance à une nouvelle génération des plantes et d’animaux ; où le vent et les scolytes détruisent la faible forêt monoculture artificielle, et donnent ainsi plus d’espace à la biodiversité. Un endroit avec de hautes chutes d’eau, des lacs alpestres bleus, des canyons profonds et des ravins cachés. Un endroit pour les ours, les loups, le lynx, le chamois, le grand tétras et les aigles. Une vraie région sauvage. Au cœur même de l’Europe.

Et comme beaucoup de « zones inconnues » sur terre, Ticha est aussi une région sauvage en grand danger. Malgré la présence d’une réserve protégée dans le parc national des Tatras et un site classé Natura 2000, le réseau des vallées reliées à Ticha est sous une menace constante. Depuis la tempête dramatique qui a frappé le nord de la Slovaquie en 2004, détruisant des milliers de km² de forêt, il y a eu plusieurs tentatives du service de gestion des forêts slovaque pour récupérer le bois mort, même dans ces vallées ; avec l’excuse de la prévention des incendies et de la non-prolifération des dendroctones. En fait des coupes claires ont déjà été faites partout ailleurs. De graves conflits d’intérêts ont ainsi éclaté entre les forestiers, les scientifiques et des protecteurs de la nature, ces derniers mettant en avant l’effet bénéfique d’une telle calamité dans le processus évolutif de la forêt. En plus de tout cela, des cerfs, des ours et des loups sont fréquemment abattus quand ils s’aventurent dans les terres basses, à la recherche de nourriture durant l’automne et l’hiver.

Ces dernières années j’ai passé ainsi de nombreux jours dans l’ombre de ces montagnes, mais il m’arrive encore de découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles choses. Il est difficile de résumer toutes ces expériences en deux ou trois semaines de mission photographique ! Toujours, je crois fermement en l’importance de documenter autant que possible et de montrer à la plus vaste assistance possible la beauté de cet endroit ainsi que sa fragilité.

C’est pourquoi j’ai aussi voulu photographier les Tatras d’en haut, ceci pour donner une vue d’ensemble et probablement une perspective différente sur cette région sauvage complexe. De l’autre côté, j’étais bien conscient de la perturbation induite par un survol des crêtes en avion pour la faune, aussi, j’ai fait en sorte que le vol ne soit pas trop long ni à une altitude trop basse. Le pilote était prêt, j’ai choisi un jour au coucher du soleil, juste après un orage. C’était une décision risquée, car les nuages pourraient bloquer la lumière et rendre les images ternes. Mais, comme il se produit souvent avec le mauvais temps, j’ai été récompensé par quelques minutes d’une belle lumière et des montagnes bien colorées. Voler parmi les nuages sur un minuscule Cessna, regarder ces montagnes escarpées et ces vallées reculées, était un moment vraiment émouvant dans ma carrière de photographe de nature.

Bruno D’Amicis / Wild Wonders of Europe

Veuillez noter que les billets du blog blogs reflètent les avis de leurs auteurs et pas nécessairement ceux des directeurs du projet Wild Wonders of Europe.


Please note that blogs reflect our photographers' opinions and not necessarily those of the directors of Wild Wonders of Europe.

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