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Erlend Haarberg - Leks de grands tétras à Bergslagen, Suède

June 16th, 2009 Posted in Northern Europe, Uncategorized

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Après avoir passé huit longues nuits dans l’affût sans presque aucun résultat, j’ai commencé à devenir nerveux. J’ai visité plusieurs leks de grands tétras, mais aucun d’eux « ne fonctionnait » comme je l’espérais. À un endroit, les poules ont quitté la place de parade au moment même où la lumière commençait à être bonne pour la photographie, et les coqs ont suivi. À un autre endroit, les mâles ont paradé la matinée entière, mais ils étaient postés sur les cimes des arbres et ne sont pas venus près de nos tentes. Les plumes et les restes de grands tétras en partie consommés ainsi que des excréments frais de lynx, un excellent chasseur de la forêt, peuvent probablement expliquer la situation… C’était un mauvais début pour ma mission sur le grand tétras. Ce que je craignais au début de ce travail est devenu une vraie menace.

Mon plus grand problème était que les poules sont sensées venir sur les leks pour s’accoupler pendant une période approximative de 10 jours seulement durant la deuxième quinzaine d’avril. Après les 6-7 premiers jours de cette période, je n’avais toujours pas de bonne image des mâles ou des femelles. Après avoir demandé l’aide de quelques personnes, j’ai finalement obtenu des renseignements à propos d’un lek où l’activité semblait prometteuse. Je ne pouvais pas me permettre de perdre plus de temps car c’était ma dernière chance d’obtenir quelques photos de grands tétras en Suède. L’habitat ne semblait pas excellent, puisque la place de parade était située dans une zone de régénération - un endroit où l’on n’a pas tout à fait le sentiment de la vraie vie sauvage. Pourtant, les endroits, avec tous les signes d’activité, semblaient être bons pour la photographie.

A ce nouvel endroit, nous étions déjà allongés dans l’affût dès 18h, avec un optimisme renouvelé et l’espoir d’avoir des poules devant l’objectif. Plus tard en soirée, beaucoup de coqs débarquaient sur les arbres voisins avec de lourds battements d’ailes, suivis du bruit caractéristique qu’ils produisent. Cela semblait prometteur, et nous attendions dans notre sac de couchage, excités et stupéfaits, osant à peine reprendre notre souffle.

Le « patron » du lek a commencé à se montrer au sol dès 4h du matin. C’était le mâle dominant du lek sur lequel nous avions installé notre affût, du moins nous l’espérions. Il faisait encore sombre et seuls les contours de l’oiseau étaient visibles, mais son cri trahissait sa présence à coup sur. Avec ce chant typique, des bruits de tapement et de glouglous qui s’accélèrent dans un roulement de tambour, et qui culminent dans un bruit de bouchon jaillissant du goulot d’une bouteille. Ces bruits ont donné à l’oiseau son nom gaélique, le capull-choille, le cheval des bois.

Quand il fit plus clair, nous avons pu voir également des femelles déployées au sol autour du mâle, désireuses de s’accoupler. C’était une matinée bien occupée pour le grand mâle, parce que six poules lui tournaient autour et beaucoup de coqs jaloux s’approchaient de toutes les directions. Naturellement, ils voulaient aussi leur morceau du gâteau… Cependant, ils ont rapidement compris qui était le chef quand le « boss » s’est précipité vers eux. Tandis qu’il chassait les prétendants, la mousse volait dans les airs, les branches étaient fracassées et les bruits de la dispute et les coups d’aile pouvaient être entendus de très loin.

Les oiseaux passaient souvent à une longueur de bras de notre tente. Avançant avec le cou tendu, les ailes basses et les plumes de la queue en éventail, nous pouvions entendre chaque pas qu’ils faisaient sur le sol sec de forêt. Vous pouvez chercher longtemps avant de trouver un oiseau plus charismatique et plus étonnant, et il ne fait aucun doute que le grand coq de bruyère est une merveille sauvage unique des forêts suédoises.

Il était 10h30 à notre montre quand il a cessé de parader et s’est réfugié au sommet d’un grand pin. Après cela, nous avons dû attendre une autre heure avant que tous les oiseaux aient quitté le lek. Finalement, nous sommes restés près de 18h dans notre tente avant de pouvoir nous extirper du sac de couchage avec un grand sourire sur notre visage. Enfin notre patience était récompensée. Les nuits précédentes sans résultats étaient immédiatement oubliées.
Beaucoup de personnes m’ont aidé à accomplir cette mission.  L’emplacement de ces leks est souvent gardé secret, afin d’éviter les dérangements et je suis vraiment reconnaissant à tous ceux qui m’ont apporté leur aide. Je voudrais remercier Thomas Sundqvist d’Ulvsbomuren, Nordic Safari, Erik Ringaby, Tommy Persson et tous les autres pour leur assistance. Sans vous, ma mission aurait été extrêmement difficile !

Erlend Haarberg / Wild Wonders of Europe


Please note that blogs reflect our photographers' opinions and not necessarily those of the directors of Wild Wonders of Europe.

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