Manuel Presti - lac Durankulak, Bulgarie III
March 14th, 2009 Posted in Eastern Europe, UncategorizedOther Languages:
Le matin le vent est si froid que j’ai l’impression qu’il me lacère le visage à la manière d’un couteau, pourtant les gens du pays me disent que c’est un hiver doux cette année… (peut-être devrais-je boire un peu plus de grappa au petit-déjeuner).
Quoi qu’il en soit, mon guide m’amènera aujourd’hui au marais pour essayer de faire quelques images des oiseaux sur l’eau. Nous commençons très tôt le matin, sortons le bateau bien caché dans les roseaux et nous le poussons sur l’eau gelée. Nous devons d’abord briser la couche de glace devant le bateau pour y arriver. Après 10 minutes à barboter, nous sommes enfin prêts dans notre affût flottant. Pour moi il s’agit plus d’un palace que d’un véritable affût: 2,5m de long, 1,5m de large avec une plate-forme en bois parfaitement horizontale quelques centimètres au-dessus du niveau de l’eau. Ce sera ma maison pour les 12 heures à venir. La plate-forme est très bien camouflée avec des roseaux. Je plonge dans mon sac de couchage, car le vent est vraiment glacial aujourd’hui.
Après plusieurs heures d’attente, les premières bandes d’oies reviennent des champs pour boire dans le lac. Je peux les entendre venir de très loin (1 ou 2km). Les oies rieuses exécutent une manœuvre ahurissante d’atterrissage : d’abord elles s’approchent du lac en formation de vol parfaitement organisée, puis - soudainement - elles cassent la figure parfaite par une sorte de vrille extrêmement rapide dans laquelle elles perdent rapidement de l’altitude et approchent la surface de l’eau. Certaines d’entre elles passent à 3m à peine de l’affût ce qui produit un bruit aérodynamique très fort.
Leur agilité en vol représente un grand défi pour le photographe car les mouvements de chaque oiseau sont d’une part fortement imprévisibles et d’autre part extrêmement rapides.
Même si la lumière est aujourd’hui encore bien pâle, je souris dans mon affût à la vue de quelques postures de ces acrobatiques oies rieuses, de temps en temps je rie également tout en essayant de suivre les atterrissages de ces oies voltigeuses dans le viseur.
Les oiseaux les plus drôles sont ceux dont le cou est tordu à 180 degrés. Plus tard dans l’après-midi je suis plus chanceux avec la lumière ! Les nuages laissent passer une lumière dorée au moment exact où un cormoran pygmée étend ses ailes pour les sécher juste devant mon palace lacustre !
Manuel Presti
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