Peter Cairns - Oulu, Finlande
July 8th, 2008 Posted in Northern Europe, UncategorizedOther Languages:
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Jour 1 : « Vas-y, fonces! » a dit la voix à l’extrémité du téléphone. Staffan avait entendu dire que c’était une bonne année pour les campagnols et une bonne année pour les campagnols signifie une bonne année pour les rapaces nocturnes, tout spécialement pour une espèce en particulier : la chouette lapone - assurément la chouette la plus charismatique d’Europe. Un coup de fil rapide à l’ami et photographe de nature Jari Peltomäki de la compagnie de tourisme de nature « Finnature », et j’ai atterris à Oulu au nord de la Finlande. Il pleut.
Jour 2 : Il pleut encore. Jari a promis des vacances à sa famille ainsi il me laisse entre les mains expertes du guide Ari Latja de Finnature. La route forestière est longue et chaotique mais finalement Ari stoppe la voiture. Les moustiques sont une vraie plaie dans ces conditions d’humidité mais leur bourdonnement incessant est rapidement oublié quand, après seulement cent mètres dans l’abondante forêt boréale, Ari désigne un buisson pouilleux sur lequel sont perchés une chouette lapone adulte et ses deux jeunes. Malgré les conditions défavorables, je salive rien qu’à penser au potentiel de la scène et aux images que je pourrais faire. Ari présente une poignée de souris mortes pour attirer la femelle hors de son nid mais elle ne viendra sûrement pas ici alors que nous sommes juste à côté? C’est un hibou sauvage après tout – nous avons sûrement besoin d’un affût ou de quelque chose pour nous cacher ? Ari pose les souris sur une souche et nous reculons. Pendant vingt minutes elle considère les options. Son jeune le plus gros réclame de la nourriture et petit à petit elle fixe les souris du haut des 20 mètres de son nid. Elle jette un œil rond et jaune dans notre direction et se déplace juste au bord du nid. Un instant après, elle est dans les airs. Elle plane vers nous, l’occasion de faire des images ne dure que quelques secondes. Saisissant la proie dans ses serres énormes, ses larges ailes brassent l’air et la propulsent presque verticalement vers la sécurité de son nid. J’ai voyagé presque partout et j’ai photographié de nombreuses choses mais là, c’était spécial. Très spécial. Maintenant, ai-je réussi à faire LA photo ?
Jour 3 : La réponse est « en quelque sorte » mais les niveaux lumineux étaient si bas qu’il est difficile de garantir la netteté. Une étude plus poussée révèle une certaine frustration, beaucoup de belles attitudes et beaucoup de coups « presque réussis ». Aujourd’hui, nous avons un autre problème : le soleil. Pire que le manque de lumière, il y a la lumière trop dure ! Sommes-nous toujours chanceux ? Non, pas vraiment. Après quelques tentatives de photographier la chouette en vol en utilisant un déclenchement à distance, j’essaye quelque chose de différent. Au lieu de mettre mon appareil-photo droit devant elle, je me couche, entouré de moustiques. Maintenant, m’acceptera-t-elle avec la même bienveillance qu’elle a accepté l’appareil-photo ? Incroyablement oui ! Je suis au 35mm et elle se pose à seulement un mètre de l’endroit où je me trouve. Voilà une véritable beauté sauvage !
Jour 4 : La nuit dernière nous ne sommes pas rentrés avant minuit et comme le ciel était très clair nous étions sur place à 4 heures du matin - la lumière en milieu de journée est vraiment trop dure. En tous cas, la chouette est indifférente à nos offrandes - peut-être le mâle a-t-il eu une nuit de chasse fructueuse – et nous rentrons sans images. La même chose se produit en soirée et l’euphorie initiale fait maintenant place aux doutes. Je savais que mes chances étaient minces et il est possible que son comportement se soit modifié, ma chance s’est épuisée pour de bon. Frustration.
Jour 5 : Le temps a encore changé ! - il est tombé des cordes toute la nuit. Il est 6 heures du matin et nous approchons de l’emplacement du nid. Je m’installe et Ari place la souris. Cette fois, la chouette semble intéressée et incline sa tête évaluant sa trajectoire de vol. Après une courte attente, elle s’élance du nid et saute sur la proie sans vie. Heureusement pour moi, elle semble avoir très faim et ses jeunes également. Pendant une heure elle vole dans la forêt au-dessus de nos têtes.
Jour 6 : Il a encore plu toute la nuit et notre départ à 6 heures est retardé quelques temps. Maintenant les nuages balayent tout, la lumière promet d’être bonne. Mais quand nous arrivons à l’emplacement du nid, la femelle n’est pas dans les parages. Nous attendons. Et nous attendons. Le temps passe si bien que même Ari semble inquiet. Bien sûr, elle pourrait être plus loin, à chasser pour compenser une nuit sans nourriture. Il faut dire que nous nous sentirions rassurés si elle se montrait bientôt. Soudain, le jeune le plus ancien commence à réclamer et la femelle surgit sur le nid avec une musaraigne. Nous saisissons notre chance et lui offrons une souris. Elle se précipite dessus, acceptant encore une fois ma présence et le bruit de l’appareil-photo avec une apparente indifférence. Le soir je suis épuisé et je lutte contre le sommeil en pensant à de nouvelles manières d’enregistrer ce phénomène tout à fait unique. J’ai un sommeil agité.
Jour 7 : Une autre nuit pluvieuse mais les nuages nettoient tout et baignent rapidement la forêt d’une lumière contrastée. C’est ma dernière visite à la chouette et cette fois-ci, je m’assieds juste et j’observe. Je ne suis pas sentimentaliste mais je me suis attaché à ce sujet et je suis désolé de partir. Ari et l’équipe organisatrice de Finnature m’ont servi un régal visuel et je quitte la place pour la dernière fois – honoré, humilié et heureux en même temps. Je défie quiconque - même le citadin le plus endurci – de faire une telle rencontre avec une créature sauvage et de ne pas en être touché et ensuite redoubler d’efforts de la protéger. Regardez les images et réfléchissez-y.
Traduction: A. Grizard / Naturapics
Please note that blogs reflect our photographers' opinions and not necessarily those of the directors of Wild Wonders of Europe.








2 Responses to “Peter Cairns - Oulu, Finlande”
By Frédéric Salein on Oct 17, 2008
Dear Peter,
thank u very much for this wonderful report. i wish i were here to watch this beautiful owl.
Best regards
Frederic
By Serge on Oct 29, 2008
Marvellous pictures, many many thanks for this beautiful dream…
Best regards