Florian Möllers - Klampenborg Dyrehave, Danemark
January 2nd, 2009 Posted in Northern Europe, UncategorizedOther Languages:
The first thing I see is a dirty blue pacifier*.
The first thing I hear is a train,
The first thing I smell is, uhm, something VERY musky.
Bienvenue, au royaume des cerfs les plus photographiés au monde, bienvenue dans le parc des chasses royales de Klampenborg Dyrehave !
* (pacifier : cette chose en plastique que les bébés ont en permanence dans la bouche, je ne connaissais pas ce mot anglais auparavant, mais comparé au « Schnuller » allemand je le trouve tout à fait significatif…)
À chacun son cerf
Il n’est pas vrai que la densité de population des photographes de nature à Dyrehaven chaque mois de septembre égale celle des cerfs élaphe. Il est en fait de 1,5 contre 1 en faveur des 300 ruminants.
Il est probablement assuré que ce parc animalier soit l’un des meilleurs endroits pour photographier les cerfs dans toute l’Europe (et pas seulement quant ils ruminent).
Il est définitivement vrai que leurs andouillers sont hors du commun. En cela ils peuvent donc être facilement identifiés dans chaque magazine de chasse, sur chaque calendrier et dans n’importe quel livre d’histoire naturelle.
Cerfs de mariage
Quelques mots au sujet de la situation du parc. De toutes les zones urbaines autour du parc, des centaines de citoyens viennent ici pour un petit jogging matinal. Tout autant de chevaux transportent tout autant de cavaliers sur les sentiers des forêts et des terrains découverts du parc. Les crèches déversent leur cargaison de petits enfants heureux et turbulents sur les pelouses, sous l’oeil attentif de leurs « nounous ». Non loin de là, des couples posent en tenue de mariage pour l’album photo du plus beau jour de leur vie, parmi les vieux hêtres et les vieux chênes les plus merveilleux qui soient. Avec un peu de chance on peut même avoir l’un de ces cerfs dans le cadre de la photo…
Et parce que Copenhague n’est qu’à 20 minutes de train, et parce que chaque week-end de septembre ici est ensoleillé, le parc bourdonne comme une ruche. Dès six heures le samedi matin jusqu’à tard la nuit le dimanche, vous pouvez entendre les vieilles portes rouges grincer sans relâche. Des milliers de promeneurs viennent ici, pour pique-niquer sur les pelouses, se promener, faire du vélo, et courir un peu partout.
Et comme si le niveau de stress des cerfs n’était pas déjà au plus haut point, les week-ends de septembre ils doivent se surpasser. Chaque dimanche soir tout le travail fait durant la semaine pour établir le système compliqué des harems, de la hiérarchie et des territoires est à refaire. Avec tout cela, essayez d’avoir une bonne photo de cerf.
Le professeur, le biologiste et le Peter Lik’s bar
Deux personnes connaissent les cerfs de Klampenborg aussi bien sinon mieux que les cerfs ne se connaissent eux-mêmes : le « professeur » et le « biologiste ».
Le premier, un vrai professeur en retraite des Pays Bas, vient pour son passe-temps, chaque mois de septembre, depuis presque 30 ans. Il a une certaine réputation à la terrasse du Peter Lik’s bar : des rumeurs et des histoires de cerf de partout dans le monde, qu’il partage – ainsi que quelques bières – avec tous ceux qu’il croise sur sa bicyclette dans le parc.
Le second a fait sa thèse de Master sur les cerfs de Klampenborg. Pendant ses excursions quotidiennes dans le parc il est cependant bien plus qu’un simple biologiste. Aux questions dépitées des photographes de nature qui ont attendu en vain les images tant rêvées il apparaît comme un véritable « sauveur » en répondant à la question impatiente : « Ce n’est pas fini, hein ? » avec compétence et bonhommie. Cette année il doit répondre à beaucoup de questions, car ici aussi, au Danemark, le nombre de photographes de nature désespérés est plus important que le nombre de cerfs au brame.
Philosophie de cerf
Certains pourraient tiquer : Qu’en est-il du facteur SAUVAGE du projet WILD WONDERS OF EUROPE si l’on prend des photos dans un enclos ? Je l’admets, ces cerfs sont loin de se comporter comme ils le feraient dans la nature. Je me sens un peu décalé et un peu déçu quand je regarde les images maintenant - elles ne me touchent pas autant que si elles avaient été prises en Hongrie ou ailleurs en milieu sauvage. Rien que pour cela, je ferai de mon mieux pour livrer des photographies d’animaux sans clôture autour d’eux. Mais pour l’instant, je n’ai rien d’autre à offrir.
Machen Sie’s gut da draussen (Portez-vous bien).
Florian Möllers
Please note that blogs reflect our photographers' opinions and not necessarily those of the directors of Wild Wonders of Europe.








3 Responses to “Florian Möllers - Klampenborg Dyrehave, Danemark”
By LEMAIRE Stephane on Jun 22, 2009
Bonjour Florian,
je partage votre point de vue. Je suis passionné de photos animaliéres de cerf et j’ai toujours hésité à aller dans ce parc. Il y a tant d’endroits en Europe ou photographier des cerf dans leur milieu naturel. Les cerfs sont moins spectaculaires et la tache est plus ardue mais ce sont là des contraintes qui ne peuvent faire reculer un projet comme WILD WONDERS OF EUROPE. Par exemple il y a des fôrets fabuleuses à une heure de Paris qui abritent des populations de cerfs sauvages (forêt de Compiegne). Si vous passez par là en Septembre, dites le moi.
Cordialement,
STEPHANE LEMAIRE
By Greg on Aug 1, 2010
Oui le parc aux cerfs de Klampenborg est fantastique. C’est l’ancienne réserve de chasse royale, que l’on trouvait déjà au début du XIIIe siècle. Il y a un bois superbe, un parc d’attraction, un golf et un hippodrome. Chaque année, lors du week-end de Pentecôte, a lieu le grand pique-nique en blanc, qui rassemble toute la bourgeoisie de la Riviera et de Copenhague. Tout le monde s’habille de blanc et on étale sur l’herbe des nappes avec des bougies. C’est une ambiance vraiment particulière.
By Pierre Graf-photographe grenoble on Jan 24, 2012
Bonjour,
Les photos animalières exposées ici sont absolument fantastique.
J’hésite depuis un moment à m’acheter un téléobjectif qui dépasse les 300mm. Peut-être que je passerai le cap quand je vois ce que ça peut donner avec de l’expérience et du talent, et puis ça me changerait un peu du portrait.
En tous les cas, fantastique travail.