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Erlend Haarberg - Parc national de Gran Paradiso, Italie I

December 8th, 2008 Posted in Southern Europe, Uncategorized

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erlend_portrait29 octobre-7 novembre

Je suis arrivé dans le parc national de Gran Paradiso en Italie à la fin du mois d’octobre. Le temps chaud et ensoleillé des semaines précédentes a tourné au gris et au froid le jour de mon arrivée. Il a commencé à pleuvoir, le dessus des montagnes était caché sous les nuages, et le brouillard montait de la vallée. Après une courte conversation avec le photographe local du WWE - Stefano Unterthiner - et les gardes forestiers du parc national, j’étais prêt à conquérir les montagnes, à la recherche de chamois et de bouquetins à photographier.

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Ce fut une mise en route difficile de faire ce raide chemin jusqu’au refuge de montagne de « Rifugio di Sella », sous la pluie/neige,  avec tout l’équipement photo et le matériel de camping pour plus d’une semaine, à souffrir du froid et d’une forte fièvre qui m’affaiblissait. Cela nous pris presque 4 heures pour parcourir le dénivelé de 1.666m à 2.588m et pour atteindre notre nouvelle demeure pour les jours à venir. C’était juste une chambre, avec 14 lits pour les randonneurs de passage, sans équipement de chauffage. C’était primitif mais luxueux en même temps, car la seule alternative aurait été une tente (j’aurai l’occasion, quelques jours après mon arrivée,  d’apprécier véritablement ce luxe…).

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La vue sur les majestueuses montagnes environnantes n’aurait pas pu être meilleure. Et les peu farouches et grands herbivores du secteur mettaient la touche finale à ce tableau. J’ai admiré les chamois, se chassant rapidement l’un l’autre sur les pentes raides, et les bouquetins, majestueuses silhouettes, immobiles comme des statues contre les montagnes. Le parc national de Gran Paradiso est le seul secteur où le bouquetin n’a pas été chassé jusqu’à l’extinction ; du coup la totalité de la population européenne provient de ces quelques individus qui ont survécu ici grâce à leur protection depuis 1821.

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Observer ces deux espèces se déplacer le long des falaises presque verticales, c’est un très bon exemple de l’adaptation de ces animaux aux pieds « adhésifs » à leur milieu. Pour eux c’est une évidence pour survivre sur un terrain qui n’est pas fait pour l’homme. Je les ai observés avec des yeux ronds quand ils escaladaient les falaises glissantes et quand je pensais qu’ils allaient tomber, ils commençaient tout juste à jouer et à combattre. La pesanteur semble ne pas avoir prise sur ces animaux.
En nous préparant pour cette mission, mon épouse Orsolya et moi-même espérions avoir de belles journées avec beaucoup de neige. Quand nous sommes arrivés en Italie, les prévisions météo indiquaient de la neige en montagne et nous en étions vraiment. Mais elles ne prévoyaient pas de neige profonde avant décembre, ainsi nous avons entamé notre ascension avec de simples bottes de marche.

Quoi qu’il en soit, lors de notre dernière semaine nous avons expérimenté quelque chose de vraiment inattendu. Il a commencé à neiger quand nous avons entamé notre montée et cela ne s’est tout simplement pas arrêté. Nous n’étions toujours pas particulièrement inquiets quand la couche de neige a atteint les 50cm et quand les avalanches ont commencées à dégringoler en bas des montagnes. Pour rendre les choses plus difficiles encore, il y avait de la brûme la plupart du temps, ce qui rendait la photographie plutôt difficile. Le septième jour c’était de fortes chutes de neige non-stop, et le matin du huitième jour nous nous sommes réveillés avec 1.5m de poudreuse autour du refuge et cela continuait à tomber fortement. Je n’ai jamais rien vu de pareil auparavant (tant de neige sur une période si courte), surtout que nous n’y étions pas du tout préparés. Nous avons pris un déjeuner rapide et nous nous sommes échappés. Nous avons combattu des heures pour parcourir les premières centaines de mètres, tandis que la neige atteignait parfois nos aisselles. Nous nous demandions comment les animaux arrivent à survivre à ces conditions et quelle influence de telles chutes de neige peuvent avoir sur le comportement du chamois, dont ce moment de l’année correspond au début de la période du rut.

Les conditions atmosphériques extrêmes rendent la vie difficile pour ces animaux vivant à haute altitude, et cela ne rend pas les choses faciles pour moi non plus. Mais c’est cela la photographie nature. On doit collaborer avec la nature. Les pentes raides, où nous travaillions les premiers jours, ne sont plus aussi attirantes, après l’expérience des premières avalanches. L’une d’entre elles a dévalé entre des animaux que nous observions et nous-mêmes, à quelques centaines de mètres à peine. Alors nous nous sommes arrêtés pendant une minute et avons commencé à penser sérieusement à notre propre sécurité.

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En raison de toute cette quantité de neige survenue tellement inopinément, je n’ai pas pu accomplir ma mission. Nous avons décidé de rester deux jours plus bas, dans la vallée de Cogne, en attendant que la neige s’installe dans les montagnes. Nous y retournerons encore demain, avec des raquettes à neige, et en essayant d’éviter les sections les plus dangereuses du trajet. Les possibilités sont innombrables là-haut, et je suis vraiment impatient de m’y essayer à nouveau.

Erlend Haarberg


Please note that blogs reflect our photographers' opinions and not necessarily those of the directors of Wild Wonders of Europe.

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