Magnus ”Rapid River” Lundgren – Le saumon de l’Atlantique, Rivière Orkla, Norvège
September 25th, 2008 Posted in Northern Europe, UncategorizedOther Languages:
J’étais dans un état d’esprit au top en atteignant la rivière Orkla près de Trondheim. Encore une autre merveille de nature à expérimenter en Norvège. Vegard Heggem, le propriétaire du Aunan Lodge, est venu me saluer à mon arrivée. Vegard était footballeur professionnel et a passé 5 saisons impressionnantes sous le maillot de Liverpool !
Les fameux rapides et les piscines profondes d’Orkla autour d’Aunan abritent les grands, puissants et mystérieux saumons de l’atlantique. Un endroit que n’importe quel pêcheur à la mouche rêve de visiter. Je n’étais pas sûr de savoir si plonger, ou photographier, dans la rivière allait être un rêve ou un cauchemar…
Si le moral était au plus haut, le niveau de la rivière était au plus bas. Avant que Patrik, mon assistant, n’arrive, j’ai fait un peu de plongée au tuba, par-ci, par-là dans les courants rapides et dans les parties plus calmes de la rivière, pendant toute la journée. Dans la piscine la plus en hauteur, j’ai eu mon premier contact avec les grands saumons. J’ai palmé à grande vitesse près de deux saumons géants, observant leurs mouvements sans effort dans le courant. Des animaux vraiment impressionnants et l’évolution semble avoir doté ces poissons d’un profil adapté à la nage rapide dans ce milieu.
Patrik est arrivé, il a regardé les rapides et a soupiré. Avant de poser des questions sur les saumons il a posé des questions à propos des rapides, concerné avant tout par la sécurité. C’est l’une de ses tâches. Les deux jours suivants nous avons plongé dans la rivière de toutes les façons imaginables.
Nous avons trouvé un bon spot pour les jeunes saumons dans une piscine profonde et un autre spot avec des saumons encore plus petits un peu plus haut dans la rivière, dans la partie abritée. Un magnifique « smolt » à taches rouges chassant sur le sable fin du fond de la rivière.
Mais nos efforts pour tenter d’approcher les gros saumons étaient vains. Le niveau de la rivière était bas et les grands saumons semblent préférer les endroits où le courant est le plus fort. Nous sommes parvenus de temps en temps à dériver et à passer devant eux à la vitesse de l’éclair mais rester en position était tout simplement impossible. Nous avons même essayé d’utiliser un équipement d’escalade pour nous maintenir en « Pole Position » mais sans succès. L’appareil-photo qui virevolte dans le courant, autour, le régulateur qui coule, et le saumoné qui est parti depuis bien longtemps.
Une petite percée
Lundi en soirée nous avons suivi deux guides de pêche à la mouche. J’étais assis, en tenue de « prêt à plonger » près du feu de camp, en train de cuire comme un petit pain dans un four, attendant qu’un grand saumon daigne attraper une mouche. C’était une soirée parfaite avec un ciel clair. Aux environs de 21h30, Christer, l’un des guides de pêche, nous a signalé la présence des saumons. J’ai plongé dans la rivière avec l’appareil-photo à la façon d’un boulet de canon. Il faisait déjà presque nuit.
J’ai beaucoup apprécié la lutte d’un saumon pris sous l’eau, moi-même essayant d’éviter d’emmêler la ligne avec mon appareil-photo tout en tentant de rester en position dans le fleuve. Le saumon était un spécimen fantastique. Un grand mâle avec une mâchoire en crochet. Le guide de pêche l’a soigneusement attrapé, l’a décroché et l’a mesuré, l’a maintenu dans la rivière pendant une minute pour être sûr qu’il était encore alerte, et alors l’a laissé repartir. Cela a duré probablement quelques minutes mais pour moi c’était trop court. Je suis parvenu à photographier les attitudes que je voulais et j’ai même obtenu quelques images tandis que le saumon repartait doucement dans la partie sombre et profonde de la rivière. C’était un moment véritablement majestueux quand le pêcheur a laissé le grand saumon retourner à son habitat.
Le jour suivant, Erik, un autre guide à Aunan a attrapé un autre de ces grands saumons avec une mouche. Le crépuscule encore et j’attendais en cuisant lentement dans ma combinaison de plongée, comme chaque nuit. Cette fois c’était dans une chute plus haut, dans un coin inaccessible avec un fort courant. Le plus mauvais scénario possible. Nous avons couru là-bas en tenue de plongée, avec la ceinture de plomb et mon monstrueux appareil-photo sous-marin et son flash stroboscopique sur l’épaule. Ce devait valoir le coup de nous voir, Patrik et moi traversant le pâturage des moutons, sautant par dessus de grosses pierres, empruntant de petits chemins minuscules, et descendant le long d’un rapide féroce sur des roches glissantes.
Patrik m’a dit - Ce n’est pas possible ! Mais j’ai trouvé un petit endroit « pas trop dangereux » derrière une roche énorme. « Apporte le saumon par ici » ai-je crié à Erik. Le poisson était énorme, plus grand qu’hier. Erik poussait vraiment son matériel de pêche aux limites de la rupture et j’avais un peu peur qu’il aille trop loin.
Je faisais quelques images, essayant, avec la hanche, de ne pas perdre le contact avec le fond. Ce n’est pas l’expérience mais plutôt la chance qui m’a permis de faire les photos lors de cette session. Je n’ai même pas trop endommagé mon caisson d’appareil-photo. Au moment de libérer le poisson j’étais prêt à faire des photos de nage libre mais la bestiole s’est tourné du mauvais côté et est partie avant que je puisse dire « flasklock » (traduction suédoise de « bouchon »…). Ouf… c’était des moments passionnants et mes genoux en tremblent encore.
Un temps pour photographier le saumon ou…
Après ces deux premières rencontres avec les saumons, j’étais prêt à faire LA photo de saumon. Permutant d’un objectif ultra grand-angle à un zoom 12-24mm, j’avais maintenant une idée précise de la façon d’obtenir les photos de ces grands poissons et rendez-vous était déjà pris avec les pêcheurs. Encore 4 ou 5 jours et j’avais bon espoir.
Les autres jours, Patrik et moi nous levions avec les oiseaux restant debouts jusque tard le soir, très tard. Nous sommes restés près des guides de pêche par tous les temps, plongeant en bouteille ou au tuba autant que nous le pouvions. Nous avons revisité nos bons spots à petits saumons et nous avons apprécié ces endroits, car nous pouvions réellement plonger là sans crainte. Nous avons exploré les piscines les plus profondes et nous avons plongé dans tous les rapides « pas trop dangereux pour ne pas se blesser ».
J’attendais que les guides attrapent un autre saumon. Il ne s’est rien produit.
Un peu désespérés nous avons décidé de conduire jusqu’aux piscines les plus hautes à environ 40km en amont du fleuve. Du parking, c’était un chemin tortueux qui descendait vers le lit de la rivière. C’est un secteur où les saumons ne peuvent pas aller plus loin. La rivière est étroite et profonde et le courant est faible. Nous étions guidés par Stein et son frère qui habitent le coin depuis plus de 30 ans. Nous avons vu un poisson et j’ai plongé pour découvrir que c’était un mâle coloré. Pas énorme mais quand-même 6-7Kg. Mais impossible de l’approcher, pas même au tuba.
Les guides, Stein et Vegard ont continué à pêcher toute la semaine mais la chance ne nous pas souri. Moi comme eux n’avons pas été débordés.
Plan B - Saison de reproduction
J’y retournerai pendant l’accouplement qui a lieu en octobre ou peut-être novembre pour essayer encore. A ce moment, les saumons se retrouvent dans des secteurs plus calmes qui sont plus faciles d’approche. Les saumons mâles arboreront alors leur robe de parade et seront bien plus photogéniques. J’espère qu’ils seront occupés à s’accoupler et qu’ils ne feront pas attention à moi. Ou peut-être seront-ils agressifs.
Nous verrons mais si tout va bien j’aurai l’opportunité d’approcher de plus près ces beaux et mystérieux géants du fleuve. L’une des espèces véritablement étonnantes de l’océan Atlantique, qui se reproduit en eau douce. Une merveille sauvage sans aucun doute.
Souhaitez-moi bonne chance.
Magnus Lundgren
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One Response to “Magnus ”Rapid River” Lundgren – Le saumon de l’Atlantique, Rivière Orkla, Norvège”
By mac on Sep 25, 2008
Bonne chance, donc…!
(avec mes élèves j’ai “élevé” des tacons, que nous avons lâchés au mois de juin… je rêve, je sais, mais peut-être en avez-vous croisé un! (ils ont tous eu un prénom, mais je ne me rappelle plus des noms…) Je suis vraiment impressionnée par les distances fanastiques que ces magnifiques poissons parcourent… et dire qu’ils reviennent dans nos rivières pour frayer, et mourir épuisés, au terme d’un long voyage…
tout mon respect